Premier saut en Bungee

Il y a quelques semaines, j’ai lu un passage dans un livre qui m’a fait réfléchir.  Est-ce que vous inventez des tâches pour éviter l’essentiel ? 

Cette phrase m’a beaucoup marqué. C’est la que j’ai décidé de mettre de l’avant plusieurs projets que je remettais toujours au lendemain pour aucune raison apparente. 

J’ai donc décidé le 16 août 2021 d’aller sauter en bungee. J’ai acheté des billets la journée même, à moi et ma femme. Plus jeune, j’avais une peur des hauteurs (que je viendrai expliquer dans un podcast à venir et que vous pouvez également connaître dans ma conférence LANCES-TOI) et également une peur de tout ce qui était «manèges». Bref, je me coupais de beaucoup de plaisir potentiel.

J’ai contrôlé ma crainte des hauteurs mais se lancer dans le vide pour la première fois reste malgré tout une épreuve contre le mental. J’ai donc regardé des vidéos de sauteurs expérimentés en bungee et j’ai visualisé mon saut. 

Vendredi 27 août 2021, c’était le grand jour, une belle et chaude journée ensoleillée de 30 degrés Celsius. Nous avons entamé le virage à Chelsea vers GREAT CANADIAN BUNGEE et ma première réaction a été : «C’est pas si haut que ça finalement..» Le paysage était cependant a coupé le souffle. J’ai regardé plusieurs vidéos sur Internet de plusieurs sites de Bungee mais celui-là est définitivement un TOP.

Sur place, je voyais plein de sauteurs, néophytes et expérimentés qui regardaient les autres sauter. Certains avaient un côté masochiste définitivement très développé car leur crainte de sauter augmentait à chaque saut qu’ils voyaient.

J’ai choisi de rester focus sur mon saut. Je me doutais que certains allaient figer avant de sauter et qu’avoir cette image mentale pouvait me perturber. J’ai donc éviter tout regard vers ceux qui sautaient.

On a annoncé nos noms lorsque notre tour est venu de monter la pente menant au grand saut. Je n’ai senti aucune anxiété en montant. Le côté rationnel est qu’il y a plus de 8 sauteurs à l’heure, que l’organisation existe des années et qu’il n’y a jamais eu d’accidents graves.

C’est rendu devant la tour que j’ai eu un flash mental : «C’est là que ça se passe !», je savais que j’allais vivre un des RUSH d’adrénaline les plus intenses de ma vie. J’ai gravi les marches menant à la plate-forme à la course et par deux tellement j’étais rempli d’énergie.

Pour l’une des premières fois de ma vie, j’étais le plus lourd du groupe, j’ai donc eu le privilège de sauter en premier. On m’a mentionné les diverses options d’harnais : Aux chevilles ou au torse. «Le plus intense !» ai-je répondu (Et donc aux chevilles). On m’a ensuite dit que j’avais le choix de sauter de face ou de dos. Je m’étais fait ma visualisation de dos car je m’étais dit que c’était très intense que de se mettre dos au vide. Le guide m’a cependant dit qu’il préférait, et de loin, sauter de face car tu vois que tu plonges dans le vide. J’ai donc répondu que j’allais faire le saut me procurant le plus gros RUSH.

Je me suis donc avancer, déterminé et en parfait contrôle vers la pointe de la passerelle. À cet endroit, on m’a demandé si je voulais toucher à l’eau. Une vieille connexion mentale relié à la peur de l’eau s’est pointé le bout du nez en disant : «Tu vas mourir !» mais j’ai plutôt chassé cette pensée d’une seule voix haute et déterminée : «Oh oui !! Et le plus profond possible !». Je savais que rendu là, mon seul ennemi était ma tête et que je n’allais pas lui permettre de venir m’empêcher de profiter d’une des actions les plus intenses de ma vie.

«Je savais que rendu là, mon seul ennemi était ma tête et que je n’allais pas lui permettre de venir m’empêcher de profiter d’une des actions les plus intenses de ma vie»

Rémi Will NICOLAS

Une fois attaché aux chevilles, je me suis avancé sur le bout de la plate-forme et lorsque je suis arrivé face au vide, une fraction de seconde en regardant en bas, la partie reptilienne de mon cerveau (Celle qui ne réfléchit pas et ne pensant qu’à ma survie) m’a envoyé un message : “NON ! FAIT PAS ÇA! T’ES MALADE! ” au même moment, le guide me demandait si je voulais un décompte. On peut voir que sa question me fait hésiter 1 seconde sur le vidéo («Euhhhh…»). C’est ce qui m’a fait sortir de ma torpeur et on le voit dans le vidéo. Je reviens au moment présent, sortant de ma tête et vivant avec mon «guts» et répond : «Pourquoi pas !» en criant et en tapant dans mes mains en me disant : «That’s it ! C’est maintenant, profites-en et lances-toi !» puis j’ai sauté sans penser et en effectuant un saut comme dans ma visualisation. Un 200 pieds de pur plaisir et de vide mental. Avant même que je puisse le réaliser, j’avais déjà fait mon entrée dans l’eau jusqu’à la taille pour faire une remonté de 160 pieds. Un boost d’adrénaline incroyable suivi d’une libération d’endorphine. Un 10 secondes dont je me rappellerai toute ma vie.

Bien sûr… mon corps veut revivre cette sensation, veut reproduire ce moment. Il n’aura cependant plus la chance de vivre le stress (L’eustress lorsque contrôlé) de l’inconnu. Je ferai donc mon prochain saut de dos et je ferai mon deuxième saut en faisant un «frontflip» ! Bin oui ! On peut faire des frontflip en bungee !

Bref.. Je vous laisse sur le vidéo, sans filtre, où vous me voyez juste avant le saut jusqu’au moment de prendre action. Bon visionnement !

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