C’est dans l’adversité que se révèle notre vraie nature, mais comme dirait Henry FORD : QUAND TOUT VA MAL, SOUVIENS-TOI QUE L’AVION DÉCOLLE CONTRE LE VENT.
J’ai participé à une semaine de mise à niveau avec l’ensemble des moniteurs en emploi de la force de la SQ la semaine dernière. Nous avions plusieurs scénarios et certains nécessitaient le port d’un masque couvrant l’ensemble du visage pour nous protéger.
Je ne suis pas claustrophobe. Cependant, je me suis aperçu qu’à l’effort, le réflexe que j’ai est de vouloir une réserve d’oxygène beaucoup plus importante que ce que j’ai besoin.
Je vous parlerai donc de mon récit, de la réaction physiologique et des solutions dont le «box breathing» et le masque d’entraînement face à cette crainte qui est humaine, mais infondée.
J’enfile un casque «full face» fermé pour me protéger des balles de simunitions à l’approche d’un scénario d’une intervention à hauts risques. Je suis en attente et je me contrôle pour que ma respiration soit profonde et que mon apport d’oxygène soit suffisant. Le masque vient restreindre l’apport d’oxygène mais c’est très tolérable.
Je me fais alors appeler pour que je me déplace sur mon premier scénario. Une hormone est libérée, le cortisol. Puis l’adrénaline se met de la partie. Mon battement cardiaque commence à augmenter. Sans m’en rendre compte, à l’effort, ma respiration cesse d’être au niveau abdominale et monte vers les pectoraux. Ma respiration se fait alors plus rapide et avec le masque, devient de plus en plus inefficace. Mon attention n’est plus dans le moment présent, elle est dans l’anticipation, mon focus est sur ma respiration défaillante.
Je sens alors le battement cardiaque qui augmente beaucoup trop rapidement pour la situation, je suis à risque de faire de l’hyperventilation si je ne me contrôle pas.
Je me concentre alors pour inspirer très lentement mais profondément par le nez 4 secondes, je garde ma respiration 4 secondes, j’expire lentement par la bouche 4 secondes en visualisant mes poumons qui se vident puis j’attends 4 secondes et recommence. Je reprends le contrôle en un instant et focus sur la pleine conscience, sur mon état et mon environnement. Le scénario commence et se déroule bien.
J’ai porté ce masque pendant deux jours, m’habituant de plus en plus à le porter. Je ne ressentais plus aucun inconfort et le voyait comme un système de protection et non comme une restriction.
Mentalité du gagnant
Certes, j’ai combattu cette crainte. Mais je me fixe des standards élevés dans la vie et un de mes buts est d’avoir une connexion parfaite avec mon corps et mon esprit.
Donc lorsque survient ce type d’évènement nouveau où je fais face à l’adversité, je me pose la question suivante : Comment je peux faire en sorte que cette faiblesse / défaite / échec se change en force / réussite / succès ?
Dans ce cas-ci, je me suis dit que j’avais à améliorer ma capacité à respirer et acquérir de l’oxygène lorsque l’air se fait plus rare.
Voilà mon cheminement depuis :
- M’écouter : Mon réflexe est celui d’un humain normal : Paniquer car l’oxygène sert à la survie, ne plus en avoir signifie la mort. Le constater et ne pas se conter d’histoire est essentiel;
- Comprendre : J’ai nommer ma crainte, c’est la panique. Mais pourquoi est-ce que je panique ? Parce que j’ai peur de manquer d’air. Cette crainte remonte à loin au-travers des expériences du passé mais peut-être même également mes gênes. Cependant je n’ai pas le contrôle sur ces faits alors outre les nommer, je ne m’y attarde pas;
- Rationaliser : Pour rationaliser, j’ai besoin de donner une nouvelle image à mon cerveau sur laquelle s’accrocher. Mon image, c’est mon automobile. J’attends toujours qu’il reste que quelques gouttes d’essence lorsque je suis dans un environnement urbain avant d’aller à la station-service. Pourtant, après 30 secondes sans air, je panique en me disant que je n’ai plus d’air et que je dois refaire le plein. C’est comme si je venais de rouler 75 km et que je retournais à la station service par peur de manquer d’essence. Les poumons contiennent suffisamment d’oxygène pour alimenter le corps humain 4 minutes, ce n’est donc pas 30 secondes qui vont me tuer;
- Me pardonner : Le fait que j’ai une peur de manquer d’air est normal. C’est humain et me dire que je ne devrais pas avoir cette peur n’y changera rien. Le pardon est une autre étape essentiel vers l’avancement vers le changement;
- Prendre action : La problématique a été nommé, maintenant, quelles sont les solutions à mettre en place pour améliorer cet aspect de ma vie ?
La prise d’action
Dans mon cas, voici ce que j’ai sorti pour ma prise d’action (Pour la respiration et non la gestion du stress qui est un autre sujet);
- Le «box breathing» ou «square breathing» ou «combat tactical breathing»;
- Inspire 4 secondes par le nez, retient la respiration 4 secondes, expire par la bouche 4 secondes, retient la respiration 4 secondes, et recommence. Le plus difficile dans mon cas, c’est de retenir 4 secondes après avoir expiré. Mentalement, mon cerveau croit que je suis en danger à ce moment. La répétition du mouvement permet cependant de contrôler la crainte par habituation.

- Prendre connaissance de mon environnement en mettant le focus sur mes 5 sens et en décrivant mentalement le plus de choses possibles reliant les 5 sens;
- Acheter un masque d’entraînement limitant le flux d’air passant par le nez et la bouche.
Pourquoi le masque d’entraînement
Lorsque je me fixe des objectifs, je cherche toujours à aller chercher le plus d’outils possible. Dans ce cas-ci, je savais exactement quel était mon problème et que je pouvais réduire mon inconfort par habituation.
Réduire la peur par habituation, c’est exposer graduellement son corps et son esprit à une situation X afin qu’ils comprennent qu’il n’y a pas de danger face à cet élément.
Le masque d’entraînement limite donc le flux d’air passant par le nez et la bouche. Cette limitation demande un effort supplémentaire de la part du coeur et des poumons pour acquérir l’oxygène nécessaire. L’exposition permet alors une meilleure capacité à acquérir de l’oxygène.
Pour ma part, c’est d’habituer mon corps à comprendre qu’à l’effort, même si l’oxygène se fait rare, je peux continuer la tâche sans problème. Également, faire en sorte que ma respiration redescende au niveau abdominal à l’effort pour augmenter mon apport en oxygène.

J’utilise donc cette épreuve sans conséquence, car elle s’est produite en contexte de formation, à mon avantage. J’utilise le sentiment de perte de contrôle que j’ai eu pour me dire que je ne veux pas revivre ça. J’utilise ma persévérance pour me dire que je vais continuer à m’entraîner jusqu’à contrôler parfaitement cet aspect.
Mon but final : À la contrainte maximale du masque (il y a des niveaux), me rendre à 9 paliers au léger-navette.
Le plus important : Un pas à la fois, Pa’delante!
NB : Le masque d’entraînement est un appareil limitant le flux d’air. Il ne simule AUCUNEMENT l’entraînement en haut altitude. L’entraînement en haute altitude entraîne une baisse de pression atmosphérique faisant en sorte que l’oxygène est plus difficilement transporté. Le corps augmente donc l’apport de l’hormone érythropoïétine (EPO) pour que le corps produise plus de globules rouges et ainsi favoriser le transport d’oxygène. Une fois revenu au niveau de la mer, les capacités aérobics de l’individu s’étant entraîné en haute altitude sont donc augmentées. Un masque d’entraînement ne peut reproduire cette réaction physiologique.
*** Le port du masque d’entraînement peut entraîner l’hyperventilation et l’évanouissement. Ne pas utiliser en cas de problème cardiaque ou de haute pression ***
